On confond souvent estime de soi et confiance en soi, alors que ce sont deux choses bien distinctes. Dans cet article, je te propose une définition claire de l’estime de soi, ses 3 piliers fondamentaux selon Christophe André, les signes d’une estime fragile ou solide, et surtout, comment la renforcer durablement.
Je suis Elsa Kingue Johnson, coach certifiée et sophrologue spécialisée dans l’estime de soi, les émotions et l’hypersensibilité, et c’est un sujet que j’explore en profondeur dans mon podcast Un chemin vers soi.
Estime de soi définition
En psychologie, ce concept désigne ce regard que tu poses sur toi-même au quotidien, et qui influence directement tes décisions, tes relations et ta capacité à agir. L’estime de soi, est donc une auto évaluation. Tu vas estimer que tu es importante ou non, que tu as de la valeur ou non. C’est comme lorsque tu fais du shopping et que tu vas évaluer un pantalon par exemple. Tu vas émettre un jugement sur ce pantalon, tu vas le trouver beau, bien coupé, avec une belle couleur. Et tu vas décider si le prix affiché est juste, si ce pantalon vaut le prix-là. C’est le même principe pour ton estime de toi.
Pour continuer la métaphore, tu vas déterminer si tu vaux cher ou pas. Si tu es plutôt pantalon premier prix ou marque de luxe.
Ça paraît choquant ?
Je comprends que tu sois sous cet angle ça interpelle, mais c’est bien la réalité. Et le pire, c’est que ce n’est pas autrui qui met un prix sur ta tête. Si je peux dire, c’est toi-même. Ce regard positif ou non, bienveillant ou accusateur, il vient d’abord de toi.
Ce n’est pas une autre personne qui dit que tu ne vaux rien. Par exemple, c’est toi qui te dévalues et qui nourrit ta faible estime, et c’est d’autant plus triste, ça fait d’autant plus mal. Mais la bonne nouvelle, c’est que vu que ça vient de toi, tu as le pouvoir de le changer, prendre conscience de ta vraie valeur.
Bien souvent, on est notre pire ennemie et l’estimation que l’on fait de soi n’est pas la bonne. On peut avoir tendance à croire que les autres sont mieux que nous, qu’ils ont plus de valeur.
L'origine du mot estime, du latin aestimare
L'équation de William James : entre toi idéale et toi perçue
Pour revenir à notre fameuse équation, il y a un monsieur qui a défini que l’estime de soi, c’était le résultat de tes réussites divisé par tes aspirations. C’est l’équation de James.
Cela signifie qu’une personne peut augmenter son degré d’estime de soi en diminuant ses prétentions ou en augmentant ses succès. Cette définition a ses limites, car elle ne prend notamment pas en compte l’aspect social. Mais elle illustre tout de même l’importance des capacités dans le développement de l’estime.
Je vais cependant t’en proposer une autre qui me parle davantage.
L’estime de soi, c’est une évaluation que tu vas faire, une comparaison entre deux choses : ton « toi idéale » et ton « toi perçue ».
Le « toi idéale », c’est la version un peu fantasmée de toi-même, ta vision parfaite, celle que tu voudrais être. Cet individu 2.0 qui a toutes les qualités dont tu rêves, qui peut faire face à toutes les situations, qui ne connaît que très peu l’échec, voire pas du tout.
Et le « toi perçue », c’est la personne que tu crois être. C’est la manière dont tu te représentes, le regard que tu portes sur toi, les compétences que tu crois avoir ou au contraire en pas avoir.
L’estime de soi, c’est donc la différence qu’il va y avoir entre l’individu que tu voudrais être (dans tes rêves les plus fous) et celle que tu as l’impression d’être. Plus l’écart est mince, plus tu te portes une bonne estime. Au contraire, plus l’écart est grand, plus ton estime est faible.
Mais pas de panique, tu peux la développer.
Les 3 piliers de l'estime de soi selon Christophe André
Selon Christophe André, psychiatre français de référence sur ce sujet, l’estime de soi repose sur 3 composantes : l’image de soi, l’amour de soi et la confiance en soi.
Ces 3 composantes sont interdépendantes. Ce qui veut dire que travailler sur l’une va avoir des répercussions sur les deux autres. C’est une bonne nouvelle : tu n’as pas besoin de tout faire en même temps.
L'amour de soi : la base inconditionnelle
L’amour de soi, c’est le fait de t’aimer inconditionnellement, quel que soit ton chemin, tes forces, mais surtout tes faiblesses, tes échecs. C’est être bienveillante avec toi-même, te parler gentiment, t’encourager, te respecter, poser des limites.
C’est aussi accepter la critique, rester vraie, authentique, sans craindre le rejet. Tu t’aimes dans la réussite, mais aussi dans les périodes plus sombres.
Pour Christophe André, l’amour de soi est le plus important des trois piliers. Pourquoi ? Parce qu’il fonde la conviction d’être digne d’être aimée et respectée par autrui. Sans cette base, les deux autres piliers sont fragiles.
L’amour de soi se construit dès l’enfance, à partir de l’affection inconditionnelle reçue dans la famille. Mais bonne nouvelle : il peut se reconstruire à l’âge adulte, par un travail patient sur soi.
L'image de soi : le regard que tu te portes
La vision de soi, ou image de soi, c’est le regard que tu portes sur toi-même. La façon dont tu te représentes. Ce que tu penses de toi. Les qualités que tu crois avoir, ou au contraire ne pas avoir. À noter que ce qui compte n’est pas la réalité des faits, mais bien la perception que tu en as. Cette vision de soi est hautement subjective.
Tu peux objectivement avoir des compétences solides et te percevoir comme nulle. Tu peux objectivement avoir un beau parcours et te dévaloriser en permanence. C’est la perception qui guide ton estime, pas la réalité.
Cette perception se forge en grande partie par notre environnement, qu’il soit familial ou social. Eric Berne le résumait avec justesse : « Tous les enfants naissent princes ou princesses, ce sont les parents qui les transforment en crapaud. »
La confiance en soi : ta capacité à agir
La confiance en soi, c’est la croyance en ta capacité à réussir et à te fier à tes propres jugements. Elle passe par le corps, par l’action. C’est ta capacité à agir, à te mettre en mouvement.
Quand tu as confiance en toi, tu vas oser te jeter à l’eau, prendre des risques, persévérer face aux difficultés. Au contraire, sans confiance, tu vas baisser les bras au moindre obstacle.
Une idée reçue à dégommer tout de suite : avoir confiance en soi ne signifie pas ne jamais avoir peur, ni ne jamais douter. Être sûre de soi en toutes circonstances n’existe pas. Avoir confiance, ce n’est pas ne jamais se poser de questions, c’est agir, passer à l’action malgré la peur et le doute. Cela permet d’éviter la procrastination et de sortir de sa zone de confort.
La confiance en soi se développe par l’expérience, l’éducation reçue, la manière dont on nous a appris à gérer les réussites et les échecs. Dans mon coaching, je travaille les 3 piliers en parallèle, parce qu’ils se nourrissent l’un l’autre. Quand mes coachées renforcent leur amour d’elles-mêmes, leur image change. Et quand leur image change, leur capacité à agir suit naturellement.
Les signes d'une bonne ou faible estime de soi
7 signes d'une estime de soi solide
• Tu te parles avec bienveillance, même quand tu fais une erreur.
• Tu reconnais tes qualités sans les minimiser, et tes limites sans en faire un drame.
• Tu sais dire non sans culpabiliser, et oui sans te trahir.
• Tu acceptes la critique sans t’effondrer, parce qu’elle ne définit pas ta valeur.
• Tu oses prendre des décisions importantes pour toi, même quand elles déplaisent.
• Tu te sens capable de te relever après un échec, et de retenter.
• Ta valeur ne dépend ni de tes performances, ni du regard des autres.
7 signes d'une estime de soi fragile
• Tu as un dialogue intérieur sévère, voire cruel envers toi-même.
• Tu minimises tes réussites et amplifies tes erreurs.
• Tu cherches sans cesse l’approbation des autres pour te sentir légitime.
• Tu as du mal à dire non, par peur de décevoir ou d’être rejetée.
• Tu te compares constamment, et toujours à ton désavantage.
• Tu redoutes le jugement au point de ne plus oser t’exprimer.
• Une critique te plonge dans un mal-être disproportionné.
Si tu te reconnais dans plusieurs signes de la deuxième liste, ne t’inquiète pas. C’est très répandu, et c’est aussi une formidable invitation à entamer un travail sur toi. L’estime de soi, ça se cultive.
Comment se construit l'estime de soi ?
Le rôle de l'enfance et des parents
Il est crucial de comprendre que l’estime de soi est profondément influencée par nos expériences, surtout celles vécues durant l’enfance.
Les relations entretenues avec nos parents qui, sans même s’en rendre compte, transmettent les bases plus ou moins saines. Durant la petite enfance, vont-ils venir en aide à la moindre occasion, ou laisser l’enfant faire ses propres expériences, relever ses propres défis, apprendre et se rendre compte lui-même qu’il a des compétences et qu’il est capable ?
En tant que parents, on peut avoir le sentiment d’aider nos enfants en les aidant à faire face à certaines situations. Pourtant, les surprotéger est contre-productif.
L’amour inconditionnel, celui qui ne dépend ni des performances, ni des actes, est ce qui permet à l’enfant d’intégrer que sa valeur est stable, indépendante de ce qu’il fait. C’est cet amour-là qui pose la base la plus solide de l’estime de soi adulte.
À l’inverse, un amour conditionnel (« je t’aime si tu es sage », « je suis fier de toi si tu réussis ») envoie le message inverse : ta valeur dépend de ce que tu fais, donc elle est fragile, négociable, à
L'impact de l'adolescence et des expériences sociales
Plus tard, en grandissant, les critiques constantes, les abus physiques ou émotionnels, et l’intimidation peuvent sévèrement endommager notre perception de soi. Nos relations avec nos pairs, à l’école, au travail, entre amis, vont également être un facteur majeur qui va influencer dans un sens ou dans l’autre notre estime.
Pendant l’adolescence en particulier, l’environnement scolaire pèse lourd. Est-ce que tu as des camarades qui semblent t’apprécier ? Est-ce que tu es mise de côté ? Ces expériences laissent des traces profondes.
À l’inverse, les marques d’affection et les encouragements favorisent un développement positif de l’estime de soi. La reconnaissance des succès et les encouragements sont essentiels pour bâtir une estime de soi robuste.
Comment développer son estime de soi : 5 leviers concrets
Bonne nouvelle ! l’estime de soi se travaille, à tout âge. Voici 5 leviers concrets pour la renforcer durablement. Tu peux commencer par celui qui résonne le plus avec ta situation actuelle.
Cultiver l'amour de soi par l'auto-compassion
Tu es probablement bien plus dure avec toi-même qu’avec n’importe qui d’autre. L’auto-compassion, c’est l’art de te traiter comme tu traiterais ta meilleure amie.
Concrètement : observe ton dialogue intérieur. Quand tu fais une erreur, qu’est-ce que tu te dis ? Si tu ne le dirais pas à ton amie, ne te le dis plus. Reformule avec douceur. C’est un entraînement.
Travailler son image de soi
Pose-toi la vraie question : “quelles sont mes 5 vraies qualités ?” Pas uniquement celles que les autres voient en toi, mais celles que tu tu es convaincu d’avoir. Si la liste est difficile à faire, c’est un signal précieux. Mais sache que même si les réponses ne te viennet pas facilement, elles existent.
Dans un second temps, identifie aussi tes valeurs profondes, ce qui compte vraiment pour toi. Quand tu vis alignée avec tes valeurs, ton image de toi se redresse naturellement.
Renforcer la confiance par l'action
La confiance n’est pas donnée une fois pour toute. Elle se construit par l’action, la répétition, l’expérience. Tu n’auras pas confiance en toi en y réfléchissant ni en le désirant de toute tes forces. Tu auras confiance en agissant, même imparfaitement, même avec la peur au ventre.
Choisis une action qui te fait peur mais qui est réalisable. Fais-la, puis recommence encore et encore. La confiance grandit à chaque petit pas, pas en attendant le “bon moment”.
Apprendre à poser des limites
Chaque fois que tu dis oui alors que tu veux dire non, tu envoies à ton estime un message douloureux : « tes besoins comptent moins que ceux des autres». Apprendre à poser des limites, c’est apprendre à te respecter.
Commence petit avec un non par semaine. Sans te justifier excessivement, sans culpabiliser pendant des heures. Avec le temps,tu verras, ça deviendra naturel, et ton estime grimpera en flèche.
Te faire accompagner par une coach ou un thérapeute
Travailler son estime de soi seule, c’est possible, mais c’est long. Et parfois certaines choses résistent. Un accompagnement par un.e professionnel.e te permet de gagner un temps précieux, d’identifier tes angles morts, et d’avoir un cadre sécurisant pour avancer.
Le coaching s’oriente sur le présent et l’avenir : il t’aide à transformer concrètement ton rapport à toi, sans rester bloquée dans l’analyse du passé. La sophrologie, en complément, te permet de travailler dans le corps ce que le mental peine à intégrer.
Foire aux questions sur l'estime de soi
Comment savoir si on a une bonne estime de soi ?
Plusieurs signes ne trompent pas : si tu te parles avec bienveillance, que tu reconnais tes qualités, que tu sais dire non sans culpabiliser, que tu acceptes la critique sans t’effondrer, et que ta valeur ne dépend pas du regard des autres. Alors tu as probavlement une bonne estime de soi. Si au contraire tu doutes constamment, tu te compares aux autres, ou tu cherches sans cesse l’approbation, c’est probablement le signe d’une fragilité d’estime de soi.
L'estime de soi peut-elle se développer à l'âge adulte ?
Oui, absolument. L’estime de soi n’est ni génétique, ni figée dans le temps. Elle évolue durant toute la vie, en fonction de tes expériences, de tes prises de conscience et du travail que tu fais sur toi. Beaucoup de femmes commencent à transformer profondément leur estime à 30, 40 ou 50 ans grâce à un accompagnement adapté. Il n’y a pas d’âge pour le faire, mais bien entendu le plus tôt est le mieux.
Quelle est la différence entre estime de soi, amour de soi et confiance en soi ?
L’estime de soi, c’est bien plus qu’un concept de développement personnel. C’est le socle qui détermine la qualité de tes relations, ta vie professionnelle, ta santé mentale et ta capacité à oser ce qui te ressemble vraiment. Sa définition tient en une idée simple : c’est le jugement global que tu portes sur ta propre valeur, construit autour de trois piliers, l’amour de soi, l’image de soi et la confiance en soi.
La très bonne nouvelle, c’est que rien n’est figé. Quel que soit ton point de départ, tu peux la cultiver, la renforcer, la stabiliser. Avec de la patience, les bons outils, et parfois la bonne main tendue.
Si tu sens que tu as besoin d’un cadre pour avancer concrètement, mon accompagnement individuel « Oser être soi » est conçu pour les femmes qui veulent renforcer leur estime, apprivoiser leurs émotions et oser prendre leur place. On peut commencer par un appel découverte offert, simplement pour faire le point ensemble.

